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La pratique du détachement

  

Aujourd’hui,  un nombre impressionnant de personnes manifestent une ouverture de plus en plus grande pour le monde spirituel et la spiritualité en elle-même. Il y a beaucoup d’enseignements qui sont proposés, pour aider ceux qui le souhaitent, dans leur cheminement personnel. Il y a des cours, des stages, des séminaires, des week-end, des livres, des vidéos, des DVD, bref toute la panoplie nécessaire à un parfait « petit disciple ». Il y a vraiment en ce moment, des êtres spirituels d’une immense richesse, qui proposent des nouveautés extraordinaires. Et d’autres, qui sous prétexte de venir en aide à toutes ces personnes en demande, n'hésitent pas à s’inventer « gourou », ou proposent des stages de développement personnel, ou encore des ateliers sur fond de psychanalyse.  La religion qui occupait une grande partie du terrain, a en effet laissé beaucoup de place, à une pratique de spiritualité « sans Foi ni Loi ». C’est malheureusement, la grande confusion totale du tout et n’importe quoi. Cette déperdition est en grande partie dûe à l’utilisation massive de l’effet miroir, de celui qui ne se sent responsable de rien, et renvoie toujours la résolution des problèmes vers l’autre.……. !! Il ne s’agit pas non plus de se sentir coupable de tout, mais juste d’accepter notre  implication dans cette société qui est en souffrance et qui souhaite sincèrement passer a autre chose. En acceptant « une part de responsabilité » dans cet Univers, nous « prenons conscience » de notre implication Universelle. C’est très justement cette identification Unitaire, devant tous les travers de cette société, qui nous donnera l'élan et la force d’une nouvelle reconstruction, plus respectueuse de chacun. L'équilibre de la culpabilité doit être respecté de part et d’autre pour que chacun puisse ascensionner vers une Conscience plus large.

Au milieu de tout cela, se cache un nouveau genre de thérapeutes, passionnés de spiritualité, dont le challenge reste de continuer à enrichir (matériellement et spirituellement) leur pratique médical au travers de la spiritualité. Hors, il y a une très grande différence entre spiritualité et thérapie. La pratique de la psychanalyse « entend » de ne pas s’impliquer dans la vie du patient. Il y a donc essentiellement un effet de miroir, et de tout ce qui va avec l’effet de miroir. En bref, le praticien utilise toutes les techniques nécessaires, pour essayer de faire comprendre a son patient, la pathologie dont il souffre, en lui faisant « entrevoir » son image. Très souvent, l’accent est mit sur la déculpabilisation. Ceci n’est bien évidemment qu’un bref aperçu du rôle du thérapeute, psychanalyste, je ne tiens pas ici à minimiser son travail, mais juste à attirer l’attention sur certaines choses. Ceux qui auront envie de s’enrichir d’un avis diffèrent, ne trouverons rien d’insultant dans mes propos. Le rôle du thérapeute est ici de soigner son patient, qui a des troubles d’ordre psychologique. C’est sa mission, une mission très noble, qui n’est pas une mission de spiritualiste. Je ne dis pas que régler ses problèmes psychologiques n’est pas spirituel, entendons nous bien, mais entreprendre une thérapie ou être thérapeute n’est pas une « voie spirituelle » ! Maintenant, ce thérapeute peut très bien avoir envie de s’enrichir spirituellement. Mais s’il continue à ne faire que et uniquement « l’effet miroir », il va passer à côté de quelque chose de très important et d’essentiel à sa réalisation spirituelle, et à celle de son élève. Car accomplir le « but ultime » du chemin spirituel, nécessite une implication totale dans l’Amour Divin, dans l’Amour de l’autre et dans l’Amour des autres en général. Il faut prendre le risque de s’impliquer en passant a travers le miroir.  

C’est pourquoi, j’aimerais vous expliquer la différence entre un enseignant spiritualiste et un autre :

Le thérapeute traite les pathologies qui encombrent toutes les pensées.  L’enseignant spiritualiste est le médicament qui soigne l'âme donc le coeur. Mais le médicament c’est vous qui devez le prendre. C’est toute la différence !!

En effet, en matière de spiritualité, l’enseignant « aime » son élève d’un Amour Inconditionnel, dans le sens qu’il « aime » tel un père, une mère, un frère, une soeur, une femme, un homme, un enfant, réunis dans un seul et même Coeur. Il y a une implication complète avec toute la notion du « détachement complet », qui est très importante à comprendre. Cette forme d’Amour Inconditionnel  est purifiée de tous les poisons de l’esprit donc de tous les défauts de l’ordre de la possessivité, de l’enfermement, et de la restriction. L’instructeur doit être capable d’accompagner son élève avec un Amour infini, sans jamais à aucun moment, refléter sa propre personnalité sur son éleve. Il aime sincèrement tous les êtres sensibles et souhaite que ceux-ci trouvent tous le chemin qui conduit à la libération. Alors il est en « recherche constance » de trouver un moyen qui les aidera tous. C’est sur cette belle notion d’Amour, avec implication des deux parties, que l'élève va venir s’appuyer sur son enseignant avec confiance,  pour s’enrichir et profiter de toute son expérience. L’enseignant propose a l'élève de l’aider à découvrir son « soi » en passant à travers son propre miroir.  Il y a ici une notion de dépassement du « soi » très importante. L'élève doit manifester son intérêt dans cette direction.  Il doit avoir «  une confiance absolue » pour saisir la main de l’enseignant, pour passer à travers son « soi » et rejoindre son enseignant sur l’autre rive, de l’autre côté du miroir, au-delà du part delà. L’instructeur soutien son étudiant dans la découverte et dans la compréhension de son « soi », en l’aidant à dépasser toutes ses « peurs ». Pour transcender cette vie et en commencer une autre autrement !! C’est pour cette raison que « l'éveilleur » doit s’engager complètement, parce qu’il représente le « pont » entre le spirituel et le matériel. Son assise doit être stabilisée et ancrée dans la terre, la force de son  Amour doit être déployée complètement dans l’Amour Divin. Tel un arbre dont les racines sont plantées solidement dans la terre et dont toute la force de l’Amour s'étend complètement dans le ciel de l’Amour Divin. Il n’y a plus aucune notion de domination à travers l’enseignant spiritualiste.   

Les valeurs de spiritualité impliquent, la foi (Amour), la moralité (éthique) et la confiance en soi (équilibre de la personnalité). Il n’y a pas de spiritualité sans divinité. Il n’y a aucun accès ouvert sur la spiritualité, sans une implication dans l'amour.

De plus, l’accent n’est pas mis uniquement sur « l’effet miroir », mais sur l’observation, sur la pratique, sur l'étude, sur l'éthique et sur le « détachement ». Il est vraiment important de comprendre en profondeur, le rôle majeur du renoncement. C’est la « principale chose » que l’enseignant explique, détaille et inculque a son élève. Parce que le « détachement » est la clef de la libération.

La culture du détachement, c’est l’altruiste qui renonce continuellement dans un sacrifice fait d’oubli. Souvent les personnes font une mauvaise interprétation du détachement. Ils pensent à tord qu’ils vont perdre leur coeur et tous les sentiments qu’il contient. Ils confondent souvent le détachement avec la froideur.  Alors que « se détacher » est le médicament qui soigne tous les maux. C’est celui qui arrive quand toutes les parts du gâteau ont été distribuées et qui dit avec un large sourire « bon, il ne me reste plus qu’à aller vous confectionner un autre gâteau ». Il y a une très grande notion de contentement dans son geste fait d'abnégation. Toute la jalousie et l’insatisfaction l’ont quitté!!! Celui qui cultive le détachement, commence par se détacher de l'extérieur en pratiquant la méditation. Par cette pratique, il met une distance entre lui et l'extérieur et cela lui apporte un très grand bien-être. Il prend ainsi « un moment » pour se couper de l'extérieur et de ses dépendances avec l'extérieur. En parallèle, il cultive la priere pour augmenter sa « foi » et sa confiance en lui. Puis, il réalise une introspection sur lui-même. Il « prend conscience » ainsi de ses qualités et de ses défauts. Il ne se ment pas et accepte de reconnaître ses défauts. Quand il remarque qu’il est jaloux, il en « prend conscience », et décide fermement de se séparer progressivement de cette servitude qui détériore sa vie. C’est un peu comme enlever la pomme pourrie pour ne pas contaminer tout le reste du panier. Quand il voit les racines de sa propre jalousie surgir en lui, il en « prend conscience », ne la renvoie pas sur l’autre, la reconnaît par l’acceptation, la nomme et lutte pour ne pas la laisser progresser. En la coupant tout de suite, il évite sa propagation et son augmentation.  Et a chaque fois qu’elle se manifeste, il la coupe immédiatement jusqu'à sa complète éradication. Quand le méditant s'aperçoit qu’il est méchant avec quelqu’un, il en prend « pleinement conscience », il ne se complaît pas dans cette méchanceté, mais il décide fermement de l'éradiquer progressivement. Quand il remarque qu’il est trop attaché à quelqu’un, il en « prend conscience », ainsi il met en pratique son apprentissage du « détachement » pour laisser plus de liberté à l’autre. Quand il a un mauvais comportement, il en « prend conscience », et se redresse immédiatement lui-même. Pratiquer le détachement, n’est pas plus compliqué que cela. C’est « prendre conscience » des choses, les accepter en nous, et décider fermement de s’en détacher. C’est désherber volontairement les mauvaises herbes qui encombrent nos esprits et permettre a nos qualités de se développer dans  une terre saine.  En même temps que nous désherbons, rien ne nous empêche de cultiver toutes nos bonnes qualités personnelles. Mais nous pouvons aussi semer de bonnes petites graines qui nous serviront beaucoup dans la vie. Comme la foi,  la patience, le courage, le contentement, la force, la compassion, la tolérance, le partage, l'humilité, la fraternité et bien d’autres qualités qui viendront enrichir notre personnalité. C’est admettre que nous pouvons toujours aller mieux, en faisant un « effort ».  Celui du soleil qui se lève tous les matins, pour relever tous les défis de son existence avec courage, et rayonner d’amour et de joie sur tout son entourage. C’est arrêter de nous complaire dans nos souffrances, arrêter de toujours renvoyer nos problèmes non résolus sur l’autre, et arrêter de « sonner faux » en permanence. En faisant « croire aux autres » que tout va bien dans le meilleur des mondes, nous faisons de nous des victimes de notre propre stupidité. En « prenant conscience » de toutes nos vérités même de celles qui nous dérangent, nous réalisons le premier pas vers plus d'authenticité et vers plus de pureté. Et c’est exactement là que réside le vrai « changement ». C’est en refusant de participer au sabotage de ceux qui éclaboussent et critiquent continuellement, que nous nous perfectionnons chaque jour avec régularité « à devenir meilleur ».    

Ces prises de conscience permettent à l'élève de devenir « un guerrier des poisons qui encombre son esprit ». Il décide alors d’intervenir pour lutter contre  sa propre méchanceté, contre son égoïsme, contre sa confusion mentale, sa jalousie, sa colère, et son orgueil. Son unique « souci » devient l'éradication de tous ses défauts,  jusqu'à leurs complets déracinements.  Le détachement invite l'être à renoncer à tout ce qui lui cause de la souffrance, en coupant lui-même le germe  de ses tourments, de sa douleur, de sa dépression, de sa tristesse, et de son supplice. Il n’y a pas pire que celui qui ne se reconnaît aucun péché de l’esprit !! Ne soyons donc pas préoccupé par celui-là. Mais de tous ceux qui reconnaissent sincèrement « leurs imperfections », et qui décident de s’y attaquer courageusement. Mettons en place des « stratégies positives » telles que la prière, le « don de soi », la pratique de l’Amour Inconditionnel et de la Compassion, qui sont des « valeurs sures » pour nous affranchir définitivement de tous nos péchés.

La pratique du détachement est une notion religieuse et philosophique. Grâce a cette expérience, nous nous libérons de tous les péchés qui fatiguent et épuisent nos esprits, et goûtons aux délices de la liberté.  Plus nous pratiquons le détachement, plus nous nous rendons compte que finalement, nous avons de moins en moins de « besoins ». La notion de « désir » s’estompe complètement par la pratique du sacrifice. Cultiver le détachement n’est pas pratiquer le contraire de l’attachement. Il y a toujours la notion d’Amour et de toutes les qualités liées à cet Amour, moins tous les inconvénients. Le détachement dans l’Amour est synonyme de respect, de tolérance, d’ouverture, d’espace, d'échange et de bien d’autres qualités. Il y a surtout une grande considération pour la personnalité de l’autre. Je t’aime mais soi toi-même, existe en toi-même. Montre-moi qui tu es en vérité, pour que nous puissions guérir ensemble, et nous construire dans la vérité de cet Amour. Cet Amour n’est pas là pour t'étouffer ou pour te diminuer, mais pour te faire grandir. Celui qui connaît le sacrifice, propose toujours « la voie du détachement » à celui qu’il aime. Afin d’apprendre à vivre d’une façon beaucoup plus « consciente », en modifiant tout ce qui ne marche pas, l'être apprend à se redéfinir, à façonner sa personnalité, pour vivre « Consciemment plus heureux » avec lui-même, donc forcément avec l’autre et les autres.

« Être jaloux » c’est s'enchaîner par refus du partage. « Être méchant » c’est être l’esclave de l’envie. « Être coléreux » c’est vivre sous la contrainte des émotions non réglées. « Être dans la confusion mentale » c’est être captif de ses illusions. « Être orgueilleux » c’est souhaiter aimer sans jamais pouvoir le faire. « Être égoïste » c’est être la victime de son insouciance. Tout cela n’est que de la souffrance !!

Dans la pratique du détachement de nos propres vices, nous acceptons ainsi de reconnaître notre implication dans nos souffrances.  Nous devenons beaucoup plus compatissant envers les autres, qui ont la même problématique que nous. Nous essayons tous de fuir notre souffrance d’une manière ou d’une autre, de couper cette servitude si pesante. Cette découverte nous place complètement et définitivement dans une « observation extatique » de l’autre. La seule chose qui demeure dans l’esprit de celui qui s’est affranchi, reste de trouver ce qui permettra à l’autre de « prendre conscience » des obscurcissements de son coeur.  Juste trouver le moyen qui l’obligera  à observer  son « coeur » et les intentions que contiennent son « coeur ». Cette prise de Conscience est une prise de conscience de la vérité ultime qui nous anime. Sommes-nous dans des intentions nobles, ou sommes-nous habités par des intentions quelque peu tordues ? Notre coeur est-il purifié ou vit-il sous l'obscurité constante de notre jalousie ou sous l’ombre de notre méchanceté ? Avons-nous « peur » que notre réputation soit ombrage par l'éclatante beauté d’un être plein d'amour ? Notre action est-elle véridique, et éclairée par la pureté de la Conscience Universelle ? Souhaitons-nous découvrir notre propre vérité, en prendre conscience et avancer résolument vers plus de clarté ? Parce que chaque fois l'éclairage deviendra de plus en plus clair et de plus en plus pur.  

Par le développement du « soi » l'élève apprend a connaître son « ego ». C’est son « ego » qui le guide dans la compréhension de « qui il est  » réellement dans son intégralité. Il découvre que sa Conscience est le reflet de son âme qui est le reflet de son coeur. Pour trouver sa véritable identité, l'élève doit s’affranchir des couches d'impuretés qui l'empêchent d’arriver jusqu'à la pureté de son coeur.  Soigner son coeur devient alors une évidence.  Parce que c’est ainsi qu’il parviendra à la complète libération, à la réunion entre sa Conscience Individuelle et la Conscience Universelle. C’est cela qui produit en lui « l'éveil » de l’illumination :

 

« Retrouver l'intégralité de sa pureté ».

 

L’ego ne sert qu’à cela, guider l'âme à travers l’existence terrestre,

pour le réunir avec son coeur donc sa Conscience.

 

« Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et ses merveilles »

« Devient le maître de toi-même et tu seras le maître de ta destinée »

« Découvre ton « Soi » véritable, ainsi tu connaîtras et pourras t’unir au Logos et à Dieu »

« Affranchis-toi des servitudes de l’esprit et tu vivras illuminé par la vérité de ta Conscience »

 

En cultivant le « détachement » la qualité de notre amour se purifie et nous « Aimons Meilleur ».

 

Véronique-Arlette le 7 Août 2011

http://www.véronique-arlette.org/pages/la-pratique-du-détachement-5559319.html