L’éveil de conscience




L'éveil de conscience

S’éveiller c’est s’ouvrir, comme nous ouvrons une fenêtre en pleine nature pour mieux voir toute la beauté qui s’offre à nos yeux, car elle nous entoure, il suffit juste d’enlever le «voile» qui masque notre regard pour la voir.

Ouvrir son champ de conscience implique d’avoir une ouverture d’esprit, dont la vision élargie nous ouvre à tous les possibles. Pour cela, il est nécessaire de « Se » remettre en question sur les attentes, exigences, désirs et aussi sur les apriorismes, préjugés, certitudes que l’on peut avoir, qui sont limitatifs. S’éveiller, c’est aller vers le changement en prenant les « rênes» de sa vie !

C’est un chemin dont chaque « pas », mène vers la liberté d’être et à la connaissance de soi.

Cela peut sembler un paradoxe, car le chemin qui y mène est fait de renoncements, de deuils…. Mais, renoncer, ne veut pas dire de se priver de tout ce qui peut procurer joie et bien-être, c’est s’alléger du superflu en ayant le courage de mettre un terme à tout ce qui peut nous causer du tourment. C’est de s’affranchir de toutes les dépendances qui créent le mal-être en lâchant prise sur ce qui nous éloigne de l’essentiel.

C’est un chemin qui est certes plein de tribulations et parsemé d’embûches, avec des « obstacles » à surmonter, mais combien « enrichissant ».

Le changement suppose des efforts à faire pour y parvenir, mais il y a toujours une joie à éprouver à chaque étape.

« Pour grandir de nouveau, l’homme est obligé de se refaire et il ne peut le faire sans douleur, car il est à la fois le marbre et le sculpteur. C’est de sa propre substance, qu’il doit à grand coup de « marteau » faire voler les éclats, afin de reprendre son vrai visage. » Carrel Alexis : L’Homme cet Inconnu

Pour détourner les « pièges » du mental fait de doutes et de peurs qui jalonnent notre chemin, il est parfois préférable de se faire accompagner par quelqu’un qui a lui-même déjà cheminé loin sur ce « chemin ». La peur de s’y aventurer, mais aussi les « leurres» de l’ego, peuvent faire obstacle.

On ne peut élever sa conscience sans bouleverser son être tout entier, jusqu’à ce qu’il atteigne la « métamorphose ». Aussi, l’introspection aide à « Se » clarifier, en faisant l’analyse de ses blocages, angoisses, peurs, sentiments, etc., mais aussi d’entraîner notre esprit à une nouvelle façon de percevoir « positivement » le monde qui nous entoure et surtout, ce qui n’est pas des moindres, d’aller vers la diminution de l’ego. Lorsqu’il n’a plus ce besoin d’être « le centre du monde », malgré les vicissitudes de la vie, nous nous apercevons que nous sommes plus forts, plus libres, plus unifiés, …, bref, un être équilibré et moins névrosé.

Parce que nous sommes en phase entre ce que nous dégageons et ce que nous sommes et ce, quel que soit le regard qui nous est porté, nous pouvons nous ouvrir aux autres sans risque et naturellement faire preuve d’humilité, en laissant s’exprimer des qualités altruistes qui jusque là, étaient en sommeil.

« Tout le monde veut vivre au sommet de la montagne, sans soupçonner que le vrai bonheur est dans la manière de gravir la pente. » Gabriel Garcia Marquez

Il est important de prendre conscience que le chemin est plus important que la destination elle-même. Car chaque « pas » que l’on fait est influencé par la manière d’appréhender la vie, qui fait que l’on est enclin à la souffrance ou à la joie et l’émerveillement.

Ainsi, le « chemin » est parfois escarpé et aride et pour gagner en liberté d’être, cela revient à s’émanciper de ce qui domine notre esprit et l’obscurcit.

L’éveil est à l’antipode de la perversion de l’ego, où règnent animosité, agressivité, haine, avidité et désir passion, lequel, incite à son assouvissement du fait que, plus il nous échappe et plus il nous obsède. L’absence de désir passion ne sous-entend pas absence de désir ou de ne plus aimer, ou encore d’être indifférent aux êtres qui nous sont chers. C’est de ne pas se « cramponner » à ce désir préjudiciable pour soi et aussi pour l’autre, car il n’engendre que possessivité, jalousie, haine, frustration et mal être.

En cessant nos projections sur autrui, attentes, exigences, désirs, …, nous nous libérons de leurs conséquences, mais aussi et surtout, nous pouvons aimer librement.

Pour éveiller notre conscience, nous avons à nous libérer de la conscience limitée de l’ego qui nous met face à une dualité : « moi » et les autres, favorable ou défavorable, rassurant ou menaçant… Avec cette conscience du « moi » asservie par l’ego, il est bien difficile de percevoir la réalité sans être sous son influence, ce qui réduit le « champ » du libre arbitre qui n’est que relatif.

Cette question du libre arbitre se pose à partir de l’ego.

Pour le vérifier, nous pouvons nous poser les questions suivantes : « A quoi est-ce que j’obéis » ? « Suis-je vraiment libre d’agir, ou suis-je « manipulé(e) » comme une marionnette, sous l’influence d’un conditionnement » ? Lorsqu’un désir apparaît, l’avons-nous décidé ou est-ce notre monde émotionnel qui nous l’impose ?

Lorsque des évènements de l’existence ont une prise sur nous et qu’ils nous rendent inquiets, angoissés, tristes…, c’est bien que nous sommes dans un état émotionnel. Nous réagissons bien souvent émotionnellement aux aléas de la vie. L’existence nous « impose » des états d’âmes, des humeurs joyeuses ou tristes. Lorsque nous perdons un être cher, cela nous attriste, s’il nous arrive un événement heureux, nous sommes joyeux. Nous pouvons passer ainsi d’un état à un autre, mais avons-nous décidé librement d’être joyeux ou triste?

Pour connaître notre non-liberté, nous devons savoir si nous réagissons émotionnellement et mentalement à un fait extérieur, auquel cas, nous ne décidons pas librement. Car sinon, nous déciderions de nous établir une fois pour toute dans la paix, la sérénité, la joie et l’amour, en l’absence de toute peur émotionnelle.

Pour le vérifier nous pouvons faire le test suivant : choisissons d’être de bonne humeur tout le temps, si nous ne le restons pas, de toute évidence nous sommes sous une emprise.

Pour percevoir la réalité telle qu’elle est sans qu’elle soit parasitée par les manques, les frustrations, les désirs, etc., nous avons à changer ce mécanisme.

En augmentant notre présence à ce qui est, appelé aussi être dans l’instant présent, cela nous permet d’aller vers la diminution des manifestations de l’ego.

Cela suppose la gestion des émotions de manière à ne pas en être « affecté ». Tant qu’il subsiste quelques émotions « perturbatrices », c’est que nous ne sommes pas encore « pacifiés », il y a une dualité qui s’exerce en nous. L’émotion est un mécanisme ego-centré qui, lorsqu’elle nous submerge, parasite notre « vision ». Si nous voulons nous établir dans la sérénité, la paix et la compassion, la disparition de ces émotions est essentielle sur cette voie. Celles qui nous font du bien, elles aussi nous limitent durant le laps de temps où nous les éprouvons. Car si nous sommes envahis par une émotion quelle qu’elle soit, nous sommes « coupés » de la réalité, ce qui nous empêche de voir ce qui se passe réellement autour de nous à ce moment là.

« La voie remet en cause les émotions négatives et nous promet un autre fonctionnement du cœur, plus fin, plus profond. Ce but ne doit pas rester vague. Il ne s'agit pas d'être libre des émotions en général mais de cette émotion précise que j'ai repéré dans certains contextes - par exemple telle personne dit telle parole, cela m'irrite et je deviens désagréable. Si je réagis systématiquement de la même manière, mon intention très concrète devient : quand cette situation se présentera de nouveau, je veux réussir à ne plus réagir de cette façon, je veux faire du neuf. C'est précis et sous peu je serai mis à l'épreuve : on verra alors ce qui demeure de mes bonnes intentions » Arnaud Desjardins

L’observation est une étape vers la libération.

Au début du chemin, nous sommes impuissants, identifiés à nos émotions et parfois submergés par elles, nos réactions en découlent. Nous sommes aussi sous l’influence de dépendances, ce qui nous enlève toute liberté d’être. Ainsi, tout est jeu d’actions/réactions.

L’observation « demande » d’être présent à soi-même, à l’écoute de ce qui se passe intérieurement, de façon à comprendre pourquoi nous réagissons de telle manière face à diverses situations. Pourquoi sommes-nous en souffrance lorsque nous ne pouvons assouvir un désir ? Pourquoi laissons-nous des pensées nous tourmenter ? etc.

Ce qui fait notre dualité, c’est tout un processus d’émotions (désir/aversion, attraction/répulsion). Nous sommes comme le fer attiré ou repoussé par l’aimant, notre liberté est relative, car elle est soumise aux émotions « que nous sommes contraints de ressentir ».

Nous pouvons constater que nous sommes sous l’emprise de l’ego, lorsque nous ressentons du plaisir à une flatterie, ou lorsque nous sommes agacés ou en souffrance au moindre mot « blessant ». Le sentiment d’échec ou de réussite, les inimitiés…, tout cela nous affecte personnellement et se « joue » à notre insu, entre nos pensées et émotions. C’est en nous que résident les causes de nos joies et de nos peines, ce n’est pas au dehors. L’inquiétude par exemple, est une émotion qui nous voile le regard, car elle déforme la réalité.

Quelles que soient les circonstances, nous avons le pouvoir de reconnaître notre subjectivité; les émotions qui nous « emportent » et à travers lesquelles nous nous identifions, qu’elles soient joyeuses ou tristes. Après cette prise de conscience, il est possible de se rééduquer pour fonctionner de manière apaisée en toute circonstance. Cette sérénité nous la côtoyons déjà en dehors de l’emprise de l’ego. Nous pouvons faire en sorte qu’elle soit durable en allant vers la diminution du pouvoir qui lui est donné, en gardant en mémoire que toute émotion perturbatrice nous empêche de « voir » la réalité, car le mental la déforme. D’une situation, il extrait à notre insu, un ou des détail(s) faisant abstraction du reste et le « monte en épingle ». Le dépassement des émotions nous permet de découvrir la réalité telle qu’elle est, en toute objectivité, sans « fioriture » ni « artifice ».

Le changement est en route, mais cela prend du temps de « Se » libérer et d’être en totale communion, unifié avec ce qui nous entoure et à nous-mêmes.

Chaque pas est une victoire, mais avant que cela ne devienne un état permanent et naturel, nous avons parfois à nous raisonner et à neutraliser des pensées dès qu’elles apparaissent, afin d’être libres d’agir objectivement. Nous avons le pouvoir de revenir à tout moment à un état serein et calme, mais apparaît afin de reprendre la « main » sur la réalité, cela demande de s’entraîner dès qu’une émotion.

Prenons l’exemple de l’amour. Que veut dire généralement en substance l’amour qui est porté à une personne, « aime moi comme je t’aime », je veux être aimé(e) par toi ». C’est un amour émotionnel totalement égoïste, car il n’est pas dénué d’intérêt personnel. De plus, il n’est pas permanent car il peut parfois se transformer en haine. Il y a donc un contraire à cet amour, la haine et l’on ne peut haïr que ceux que l’on a aimés d’un amour égocentrique.

Le « véritable » amour est inconditionnel et n’a donc pas de contraire. Nous sommes bienveillants même avec ceux qui sont malveillants envers nous. Nous demeurons établis dans la compassion indépendamment des circonstances et des personnes. Pour aspirer à cet état permanent d’amour qui suppose d’avoir des sentiments altruistes, nous devons comprendre que toute identification à une émotion nous y éloigne et cela suppose un entraînement de tous les instants. Certains peuvent penser qu’aimer ainsi, inclus des sacrifices. Effectivement il y en a un, nous devons sacrifier notre égoïsme.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’amour altruiste est calculé, dans le sens ou cela demande de réfléchir sur les attentions que nous allons porter, afin de donner le meilleur de nous-mêmes. Mais ce n’est pas un calcul égoïste, puisque notre démarche est nourrie de bienveillance et d’ouverture aux autres. Pour savoir si notre « calcul » de bonté est juste, nous pouvons nous poser la question suivante : « est-ce que ce que j’accomplis est juste, pour soi et pour autrui » ? Il est souhaitable de prendre soin que nos actions et paroles ne nuisent à personne.

Il est important d’être attentif à la neutralité.

Ce qui compromet cet état d’amour altruiste, c’est le jeu des dualités et des oppositions; toutes les manifestations de non-amour telles que, rejet, rancune, condamnation, mépris, rancœur, jalousie, jugement de valeur … Soyons donc attentifs à l’absence de neutralité, à commencer par de banales contrariétés, car si nous ne sommes pas neutres dans des situations anodines, comment alors pouvons-nous l’être en d’autres circonstances. Nous pouvons profiter des moments de la vie pour nous entraîner, en ayant de « bonnes » pensées pour ceux qui nous contrarient. En « mettant de coté » notre susceptibilité, nous avons en fait à les en remercier car ils nous révèlent des aspects sombres de soi. Aussi, s’il nous faut pardonner, pardonnons mais pardonnons avec cœur, c’est un bienfait surtout pou soi-même.

Nous devons nous entraîner à aimer sans conditions, jusqu’en arriver à aimer les bourreaux comme les victimes, ce qui ne veut pas dire d’adhérer à leurs actes. Pour pouvoir les aimer, nous devons les en dissocier et s’abstenir de tout jugement à leur égard. Il ne peut y avoir de bourreau sans victime, ils sont tous deux soumis aux lois d’attraction et de causes à effets, c’est un phénomène inconscient.

Le changement implique de s’ouvrir à soi et aux autres et de changer notre perception sur le monde qui nous entoure.

Nous attirons ce qui vient à nous et nous pouvons le prendre comme étant une opportunité de nous améliorer. Nous seuls avons le pouvoir de nous rendre heureux et personne d’autre. Tout comme personne ne peut nous faire du mal, si ce n’est physiquement bien entendu. Si nous nous sentons blessés par une attitude ou comportement d’une personne, au lieu de l’en rendre responsable, n’avons-nous pas à nous interroger sur notre responsabilité à cette souffrance, dans le sens où l’autre n’est que le révélateur de ce qui réside en nous?

Rien ne nous oblige à prendre « mal » les choses. Il peut arriver que nous soyons en présence de quelqu’un se montrant désobligeant, irrespectueux, coléreux, …, à notre encontre. Ses propos ou attitudes proviennent d’un individu profondément affecté, peut-être est-ce à travers ce que nous-mêmes lui renvoyons, qu’il exprime sa souffrance. Nous sommes tous tel un miroir qui renvoie du « positif » et du « négatif » faisant écho à l’histoire personnelle de chacun. Aussi, ce qui nous est renvoyé peut nous aider à prendre conscience que l’autre n’est qu’une cause apparente à notre souffrance, tout comme nous à la sienne.

Pour apprendre à être bienveillant, nous avons à effectuer une transformation de notre intimité dans tout ce qui nous affecte, nous contrarie et nous déçoit. De là découleront des actions « justes » et bienveillantes. Nous pouvons nous entraîner en veillant à améliorer nos relations avec notre entourage, en s’abstenant de toute mauvaise pensée et de tout jugement à leurs égards. N’oublions pas que les apparences sont souvent trompeuses.

Il nous appartient d’identifier les blocages que nous pourrions avoir avec une personne en particulier et de « voir » ce à quoi cela nous renvoie, pour ensuite le « dépasser ». Il se peut qu’il nous soit renvoyé un aspect de notre personnalité que nous ne soupçonnions pas: rigidité, manque de tolérance, d’acceptation, d’amour, des peurs,… Nous interprétons la réalité en portant des jugements sans nous en rendre compte, en qualifiant les « choses » d’agréables/désagréables, bonnes/mauvaises, joyeuses/tristes… Si nous nous surprenons à juger, nous pouvons le considérer comme étant un flagrant délit, de manière à porter plus d’attention dans notre manière d’accueillir les « choses ». Plus nous sommes ouverts, à soi et aux autres, et plus l’ego diminue.

Pour être efficace autour de nous, il est nécessaire d’employer notre temps et notre énergie autrement qu’en futilités.

Il y en a qui « tuent » le temps par ennui, d’autres se laissent submerger par des tâches pour remplir leur temps, d’autres encore commencent quelque chose sans jamais le finir, ou remettent à plus tard ce qu’ils entreprennent de faire, au risque de ne jamais commencer. Une sorte de fuite de la réalité, des priorités, …, une vie « remplie» de peccadilles et de futilités, alors que bien gérée et bien employée (temps et énergie), cela permet d’accomplir bien des choses, qui de plus, nous donne pleine satisfaction en fin de journée. Pour notre équilibre, il est important de réaliser ce qui nous tient à cœur, sans contrainte, pour ne pas risquer une division en soi. Bien sûr il y a des taches auxquelles nous ne pouvons échapper, que nous « devons faire », mais en dehors, agissons selon ce que nous sentons juste de faire, en prenant bien soin que cela ne nuise à personne.

Pour notre épanouissement, il convient d’assumer et d’accepter ce que nous sommes et avons été à tout moment de la vie, en ayant un regard bienveillant sur soi. Dans ce monde de tentation et d’éphémère, veillons à ne pas nous laisser distraire de l’essentiel. Tant que quoi que ce soit a de l’importance pour soi en terme de besoins tournés vers l’extérieur, nous ne sommes pas libres dans le sens où, si nous-nous « attachons » par exemple à une réussite professionnelle, toute notre attention sera focalisée sur ce qui la favorise, ou sur les obstacles. Nous sommes alors asservis par ce besoin de réussite et par la peur de l’échec.

La voie de l’éveil est toute autre, elle nous conduit vers la non-dépendance, car il ne s’agit pas de renoncements au sens strict, mais de dépassement.

En gagnant en liberté, nous ne sommes plus esclaves d’attirances et répulsions, d’envies et de refus, « l’existence » ne nous ordonnant plus d’être malheureux.

Pour que des changements se produisent durablement en nous, veillons à être vigilant à accueillir ce qui vient à nous avec « détachement » et objectivité. Nous appréhenderons mieux chaque situation qui se présente, avec une compréhension que nous n’avions pas auparavant. Nous pourrons nous apercevoir que nous réagissons différemment face aux situations qui nous perturbaient.

Nous sommes plus enclins à relativiser ce qui nous arrive, nos actions reflètent ce changement, car elles répondent à ce que nous pensons juste et ne suscitent aucun regret. Avant, s’il arrivait qu’une personne nous insulte, cela pouvait nous agacer ou nous mettre en colère, car nous nous débattions dans des blessures d’ego. Avec notre transformation intérieure, cela n’a plus aucune prise, nous avons plutôt un sentiment de compassion pour l’autre que nous voyons en souffrance à travers ses attitudes.

Nous assumons la pleine responsabilité de nos actes, car ils sont mûrement réfléchis. Notre manière de fonctionner et de « voir les choses » a changé.

Le « voyage » vers la liberté s’achève lorsque l’ego perd son pouvoir illusoire. Une fois effacé, tout son monde d’attraction et de répulsion, de désirs et d’aversion disparaît avec lui. Désormais, ils n’a plus d’emprise sur nous.

Lorsque plus rien ne nous est indispensable en dehors de nos besoins élémentaires, et en prenant soin de ne laisser aucune demande, ni attente, dominer notre conscience, nous nous sentons heureux et libre. D’une certaine manière, une re-naissance s’effectue en nous. Parvenus à cet état de sérénité et de lucidité, nous ne sommes plus atteints par ce que nous n’avons pas ou plus, l’important n’est plus d’avoir, mais d’Etre. Nous faisons partie d’un ensemble auquel nous participons activement, sur un fond de lâcher-prise. Cette sérénité intérieure nous unifie à nous-mêmes et avec ce qui est.

Dans ce nouvel état d’esprit, nous pouvons aimer naturellement tous les êtres, car après avoir commencé par soi-même, il s‘étend à ceux qui nous sont chers et à tous les autres connus et inconnus. L’altruisme devient naturel et a un effet rémanent aux autres.

A l’image de grandes rivières qui se sont formées goutte après goutte, en évoluant de manière positive, d’autres à notre contact évoluent aussi de la même manière.

Pour finir, j’ai choisi de vous partager un de mes poèmes qui fait partie de mon recueil d’une vingtaine de poèmes, qui je pense, illustre assez bien mon propos.

L’éveil, voie de sagesse!

Ce que nous recherchons, est en nous, pas ailleurs,

Il faut du temps, pour en extraire le meilleur.
Alors, pour trouver en soi cette sagesse,
Nous devons combattre toutes nos faiblesses,
Qui voilent le chemin, agissant en surface,
Pour cet ego, insatiable, qui menace.

Il nous asservit, par ses craintes et ses désirs,
Car, gagner ou conserver, sont ses grands plaisirs.
Laissons le donc, se satisfaire sans « violence »,
Pour qu’il ne se débatte pas dans ses souffrances.
Une fois ses désirs assouvis, il s’efface,
Et la libération, peut enfin prendre place.

S’accomplir c’est, traverser chaque épreuve,
Quelle qu’elle soit, heureuse ou, malheureuse.
Vivons les donc, sans chercher à s’en protéger.
Les fuir, aurait pour effet de les renforcer.
Pas à pas, on assimile, on digère,
Étape, après étape, on se libère,
Pour trouver, enfin en soi, la plénitude,
Libres de « l’avoir », qui n’est que servitude.

C’est un processus, plein de tribulations,
Où nous vivons jusqu’à terme, bien d’émotions,
Tout ce qui nous habite, qui était latent,
Et que nous hébergeons, depuis la « nuit des temps.
Ce que porte le psychisme, s’actualise,
L’ego, le mental, craquent, ils n’ont plus d’emprises.

Il nous faut tout lâcher et ne rien garder,
A tout perdre, sauf l’essentiel, la Liberté.
C’est des moments de mort, à ne plus se connaître.
Ne faut-il pas mourir, pour mieux renaître ?
Les liens se dénouent, puis, disparaît la prison,
Pour laisser émerger, de nouveaux horizons.

L’ego à perdu son pouvoir et sa magie,

Nous voilà libre, car l’éveil se produit.
Nous atteignons enfin, une autre dimension,
A des niveaux, jamais visités, plus profonds.
Il y a en nous, un tel bouleversement,
Que notre regard, ne sera plus comme avant.

La façon de concevoir le monde a changé,

Car c'est révélé, une autre réalité.

Les aveuglements font place, à d'autres visions,

Qui chamboulent notre univers de perceptions !

A ce stade, rien ne peut plus nous perturber,
Ni la souffrance, lorsqu’elle est côtoyée.

Libres de nos émotions, nous nous oublions,

Pour nous tourner vers autrui, avec compassion,
Neutralité, intégrité, tempérance,
Et surtout, humilité et bienveillance.
N’étant plus centrés sur notre histoire personnelle,
Nous voilà ouverts à la vie universelle ;
Quête des richesses, des potentialités,
Des qualités intrinsèques à notre humanité


Geneviève MARTIN BOISSY

 

 

http://www.edilivre.com/au-fil-de-mes-vers-genevieve-martin-boissy.html
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